
Le Cameroun accélère sa stratégie de séduction envers les investisseurs américains. En l’espace de 48 heures, la capitale a abrité deux rendez-vous majeurs qui dessinent les contours du nouveau partenariat économique que Yaoundé veut bâtir avec Washington.

Jour 1: Le Dialogue Économique et Commercial pose les bases
C’est le 27 août 2026 à Yaoundé que s’est tenu le premier Dialogue économique et commercial entre le Cameroun et les États-Unis d’Amérique. Une première historique.
Autour de la table, les deux délégations ont posé les bases d’un partenariat économique renforcé, articulé autour de quatre axes prioritaires: l’amélioration du climat des affaires, la promotion des investissements et des partenariats mutuels, le développement du commerce bilatéral et la facilitation de l’accès aux marchés respectifs.
Pour la partie camerounaise, l’occasion était idéale pour exposer le catalogue des opportunités. Les émissaires américains ont ainsi découvert l’étendue du potentiel camerounais dans cinq secteurs stratégiques: les infrastructures, le numérique, l’énergie, l’agro-industrie et surtout le secteur minier, avec un intérêt particulier pour les minerais critiques – bauxite, fer, cobalt, lithium – très prisés par l’industrie américaine de la transition énergétique.
Jour 2: Le Code Minier à l’épreuve du terrain
Dans la foulée de ce dialogue, le gouvernement a voulu joindre l’acte à la parole. Ce 28 août 2026, au Hilton Hôtel de Yaoundé, s’est tenu un atelier stratégique consacré à l’évaluation de la mise en œuvre du Code minier promulgué en décembre 2023.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique par intérim, le Professeur FUH CALISTUS GENTRY, aux côtés du Ministre d’État, Ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr Jacques FAME NDONGO, du représentant de S.E l’Ambassadeur des États-Unis au Cameroun, ainsi que des responsables de l’Université de Yaoundé II – le Recteur, le Doyen de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques et le Chef du Département de Science Politique.
Placé sous le thème évocateur: « Code minier du Cameroun, trois (03) ans après: bilan et perspectives », l’atelier avait un objectif clair: examiner sans complaisance les préoccupations liées à la mise en œuvre du cadre minier, identifier des solutions pragmatiques et dégager des perspectives pour consolider davantage le dispositif juridique, institutionnel et opérationnel du secteur.
L’enjeu, à terme, est de taille: renforcer l’attractivité du Cameroun, développer les compétences nationales, accroître les retombées économiques et sociales de l’exploitation minière et favoriser la transformation locale des ressources pour leur meilleure intégration dans l’économie nationale.
Des avancées déjà perceptibles
Près de trois ans après sa promulgation, le Code minier de 2023 commence à produire des effets. Les participants ont noté plusieurs avancées:
- La mise en exploitation de grands projets miniers structurants;
- Une importante restructuration du secteur aurifère artisanal, longtemps resté informel;
- Une dynamique de formalisation et d’assainissement qui porte sur les volets environnemental, fiscal, juridique, technique et technologique.
L’ambition affichée est d’assurer une exploitation plus responsable, mieux encadrée et davantage profitable à l’économie nationale.
Les travaux, enrichis par les contributions d’experts nationaux et internationaux, se sont achevés par la lecture et l’adoption du rapport général de l’atelier, qui consigne les principales conclusions et recommandations.
Un rapport qui servira désormais de feuille de route pour le gouvernement, alors que Yaoundé entend bien positionner son sous-sol comme l’un des principaux leviers du dialogue économique avec les États-Unis.


