
La mini-foire agro-pastorale, vitrine du génie rural local_ Une initiative portée par la Présidente Nguélé Lucie, épouse Komo, avec l’implication décisive du Délégué d’arrondissement
Une foire au cœur de la dynamique locale
La mini-foire agro-pastorale de Lolodorf s’est tenue à l’esplanade du Centre culturel Anne-Marie Nzié, transformant durant plusieurs jours ce haut lieu culturel en un véritable pôle d’échanges économiques et de valorisation des produits du terroir. L’événement, qui s’est achevé ce samedi, a rythmé la vie locale à la veille des fêtes de fin d’année, dans une ambiance de forte mobilisation communautaire.
La femme rurale, pilier de la sécurité alimentaire
Placée sous le signe de la promotion de l’économie rurale, cette initiative a mis en lumière le rôle central de la femme rurale, pilier de la sécurité alimentaire et actrice majeure du développement local. Issues des villages environnants, elles ont été nombreuses à exposer leurs produits : plantain, manioc, macabo, banane, poulets de chair, poissons frais et fumés, sans oublier d’autres spéculations agricoles et halieutiques qui font la richesse du bassin de production de Lolodorf.


L’appui des autorités administratives
Le lancement officiel de la foire avait été présidé par le sous-préfet de Lolodorf, Gabana Adjia Thomas, qui avait salué une initiative opportune, répondant efficacement aux besoins d’approvisionnement des populations en cette période sensible de forte demande. Pour l’autorité administrative, cette mini-foire constituait un levier concret de lutte contre la vie chère, tout en favorisant les circuits courts entre producteurs et consommateurs.
Un impact économique au-delà de Lolodorf
Mais au-delà de l’animation locale, l’événement a surtout démontré sa portée économique régionale. Le samedi matin, plusieurs véhicules ont quitté Lolodorf lourdement chargés de vivres à destination de Mvengue, Ebolowa, Kribi et Eséka, pour ravitailler ces centres urbains. Jusqu’à la veille au soir, plusieurs axes de Lolodorf continuaient d’alimenter les stands, témoignant de l’intensité des échanges et de la vitalité du réseau d’approvisionnement mis en place autour de la foire.
Nguélé Lucie, un leadership au service du monde rural
Derrière cette réussite, l’engagement déterminant de Madame Nguélé Lucie, épouse Komo, présidente de l’initiative, a été unanimement salué. Par sa vision, sa capacité de mobilisation et son attachement au monde rural, elle a su fédérer les producteurs, encourager les femmes rurales et donner à cette mini-foire une portée économique et sociale réelle. Son action s’est inscrite dans une dynamique de valorisation durable des savoir-faire locaux et de renforcement de l’autonomie économique des communautés rurales.
Une organisation administrative rigoureuse
Aux côtés de la présidente, le Délégué d’arrondissement de Lolodorf, organisateur principal de l’événement, a joué un rôle central à tous les niveaux : conception, coordination, mobilisation des acteurs, encadrement administratif et logistique. Son implication constante a permis une organisation méthodique et inclusive, garantissant le bon déroulement des activités et la participation effective des producteurs venus de divers horizons.
Un cadre sécurisé pour l’écoulement des produits
Pour le chef de terre, cette mini-foire a représenté « un rendez-vous économique stratégique », offrant aux producteurs locaux un cadre sécurisé d’écoulement de leurs récoltes, tout en permettant aux populations de se ravitailler à des coûts abordables à l’approche des fêtes.
Des producteurs satisfaits sur les stands
Sur les stands, la satisfaction était palpable. Madame Minya Bill, productrice agricole, s’est réjouie de l’engouement observé. Grâce aux ventes réalisées, elle affirmait pouvoir renforcer son approvisionnement et assurer sa présence dès le lendemain sur le marché de Mvog-Mbi à Yaoundé. Même enthousiasme chez les pisciculteurs. Monsieur Onana parlait d’une véritable aubaine, indiquant avoir pu écouler l’ensemble de ses silures, preuve de l’efficacité économique de la foire.
Une réussite collective et un modèle à pérenniser
Achevée ce samedi, la mini-foire agro-pastorale de Lolodorf s’est imposée comme un modèle de promotion de la production locale, de soutien à la femme rurale et de dynamisation de l’économie de proximité, avec un impact réel bien au-delà des limites communales. Une réussite collective, portée par un leadership engagé et une vision claire du développement rural.


INTERVIEW – MINI-FOIRE AGRO-PASTORALE DE LOLODORF
Invitée : Mme Nguélé Lucie épouse Komo
Présidente Fondatrice de la mini-foire agro-pastorale de Lolodorf
Madame la Présidente, la mini-foire agro-pastorale de Lolodorf vient de s’achever. Quel bilan global en faites-vous ?
Nguélé Lucie épouse Komo :
Le bilan est totalement satisfaisant, tant sur les plans économique, social qu’organisationnel. Pendant plusieurs jours, Lolodorf s’est transformé en un véritable carrefour d’échanges autour de la production locale.
Les femmes rurales, mais aussi les hommes engagés dans la production, ont pu écouler la totalité de leurs produits. Aujourd’hui encore, certaines antennes arrivées après la clôture officielle ont tout vendu, y compris les poissons et les poulets. C’est un signal fort : la production locale répond efficacement à la demande.
Justement, l’impact de la foire a dépassé le cadre local.
Pouvez-vous nous en dire davantage ?
NLK :
Effectivement. Dès le samedi matin, plusieurs véhicules ont quitté Lolodorf chargés de vivres pour ravitailler Mvengue, Ebolowa, Kribi et Eséka.
Jusqu’à la veille au soir, les axes continuaient d’alimenter les stands. Certains sont arrivés en retard, mais ils se sont rattrapés en soirée et le samedi matin, au point où l’offre a largement couvert la demande.
Nous avons même craint un moment que certains produits ne trouvent pas preneur, mais tout s’est vendu. Comme je le dis souvent, le Seigneur était au contrôle.
Cette foire met particulièrement en avant la femme rurale. Pourquoi ce choix stratégique ?

NLK :
Parce que la femme rurale est le pilier de la sécurité alimentaire. Elle produit, transforme, commercialise et nourrit les familles.
Notre organisation regroupe aujourd’hui 17 antennes, avec plus de 400 femmes rurales et hommes engagés dans les activités agro-pastorales.
Notre objectif est de leur offrir un cadre structuré d’expression économique, d’encadrement et d’autonomisation. Quand la femme rurale avance, c’est toute la communauté qui progresse.
En dehors des produits agricoles et halieutiques, on a noté la présence d’entreprises spécialisées. Quelle était la vision derrière cette ouverture ?
NLK :
Nous avons voulu bâtir une véritable chaîne de valeur complète. C’est pourquoi nous avons intégré des partenaires comme la société STILL, spécialisée dans le matériel agricole, et la société SOLEVO, fournisseur d’intrants agricoles.
À titre d’exemple, STILL a vendu une débroussailleuse d’une valeur de 275 000 FCFA, preuve que les producteurs sont prêts à investir pour améliorer leurs rendements.
Nous avons également noué un partenariat dans le cadre de la SCOOPS de Mvengue, ce qui ouvre des perspectives durables de structuration et de professionnalisation.
Votre organisation existe depuis plusieurs années. Comment est-elle structurée aujourd’hui ?
NLK :
Notre mouvement existe depuis plus de 14 ans. Il repose sur un réseau solide de 17 antennes villageoises, avec des présidentes représentantes, dont sept étaient présentes lors de cette édition.
Chaque antenne joue un rôle clé dans la mobilisation, la production et la commercialisation. Cette structuration nous permet d’agir efficacement sur le terrain et de parler d’une seule voix.
Quel rôle ont joué les autorités administratives et les services techniques dans la réussite de cette édition ?
NLK :
Leur accompagnement a été déterminant.
Je tiens à saluer l’appui constant du Maire de Lolodorf, Monsieur Mballa Félicien René, qui nous soutient aussi bien financièrement que logistiquement.
Le Sous-préfet de Lolodorf a honoré la cérémonie de lancement et accompagné l’initiative.
Le Délégué d’arrondissement de l’Agriculture, organisateur principal, a été au four et au moulin, assurant une coordination rigoureuse.
Nous bénéficions également de l’encadrement du DARMINPROFF, en complément du DARAGRI, pour la formation et le suivi des femmes rurales. Cette synergie institutionnelle est essentielle.
Quel message adressez-vous aux populations des villes voisines ?
NLK :
J’invite chaleureusement les populations de Mvengue, Eséka, Bipindi et des localités environnantes à faire de cette mini-foire un rendez-vous incontournable.
C’est l’endroit idéal pour s’approvisionner en produits locaux de qualité, soutenir la femme rurale et renforcer les liens entre villes et campagnes, surtout en période de fêtes.
Peut-on s’attendre à une pérennisation de cette initiative ?
NLK :
Sans aucun doute. Cette mini-foire n’est pas ponctuelle. Elle est appelée à se renforcer, s’élargir et s’institutionnaliser.
Notre ambition est d’en faire un véritable outil de développement local durable, au service des producteurs, des femmes rurales et de l’économie de proximité.
En un mot, que représente pour vous cette mini-foire ?
NLK :
C’est la preuve que la femme rurale peut nourrir la République, lorsqu’on lui fait confiance et qu’on lui donne les moyens d’agir.
Interview réalisée à Lolodorf
Par Gervais Mbourou


