
Il s’agira également de réhabiliter l’existant pour une Sonara new-look avec un portefeuille de plus de 300 milliards FCFA
L’information figure dans le programme économique, financier, social et culturel de l’exercice de 2026 présenté le 26 novembre 2025 à l’Assemblée nationale par le Premier ministre Joseph Dion Ngute.
Il n’a pas expliqué les raisons de cette augmentation de l’enveloppe initiale de 20%. Mais l’on sait que plusieurs institutions financières manifestent déjà un certain intérêt pour le financement des travaux de réhabilitation de la Sonara. A titre d’illustration, le 17 juin 2025, une délégation composée de représentants de l’Union de Banques Arabes et Françaises (UBAF), de la banque néerlandaise ING et de la Mauritius Commercial Bank (MCB) s’est rendue à limbé pour discuter avec les responsables de l’entreprise. Objectif : « propulser la raffinerie vers un avenir prometteur », avait-on appris de sources officielles.


Au-delà du destin industriel de la Sonara, les enjeux sont régionaux. La raffinerie est un actif stratégique pour toute la Cemac. Son arrêt a provoqué une flambée des importations de produits pétroliers finis, qui ont atteint 1,8 million de tonnes métriques entre janvier et octobre 2025.
Afin de pouvoir remettre à flot la raffinerie de pétrole du Cameroun, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) est également disposée à activer son guichet B, « réservé au refinancement des crédits à moyen terme destinés à l’investissement productif ». « Je confirme que ce guichet a pour vocation de financer les projets dans le secteur productif. D’ailleurs, pour le cas de la Sonara, nous avons nous-mêmes pris l’initiative de nous rapprocher des autorités pour leur présenter cet instrument qui pourrait accompagner la réhabilitation de la Sonara », a révélé le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, le 29 septembre 2025. C’était au cours de la conférence de presse de clôture de la 3è session du Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC pour l’exercice 2025.
Le calendrier de ce redéploiement
Le budget du PARRAS 24 est estimé à 300 milliards Fcfa, contre une fourchette précédente de 111 à 278 milliards Fcfa. Cette hausse s’explique par plusieurs facteurs : l’actualisation des coûts après 5 années d’inflation et d’évolution des prix des matériaux, le périmètre élargi du plan incluant les anciennes unités (15, 255, 225), quelques bacs de stockage et une stratégie d’alimentation énergétique. Cette hausse du coût de la réhabilitation s’explique également par les coûts liés à la remise à niveau du personnel, à la supervision technique, aux contrôles qualité et aux inspections, les contingences pour risques inhérents aux travaux de »revamping » et la première charge en matières premières et consommables.
Dans le détail, le calendrier complet se déploie en trois étapes : 2026–2027 (réhabilitation des unités sinistrées et remise en service des installations non sinistrées dans le cadre du PARRAS 24); 2028–2030 (construction de l’hydrocraqueur et des nouvelles unités pour répondre aux spécifications AFRI 5/6 et MARPOL dans le cadre de ma phase 2 SONARA 2010) ; et 2031–2035 (deuxième ligne de raffinage pour doubler la capacité et garantir la couverture du marché national jusqu’en 2050).

