
l’élection renvoyée à une date ultérieure
La session de plein droit du Conseil régional du Sud, ouverte ce 16 décembre, restera comme l’une des plus tendues depuis la mise en place des Régions au Cameroun.
Ce qui devait être une formalité s’est transformé en un bras de fer politique inédit, révélant une région décidée à défendre la légalité contre toute désignation imposée.
Dans la matinée, des informations persistantes faisaient état d’un consensus déjà ficelé :
Antoine Bikoro annoncé Président, Gervais Ndo Vice-président, reconduction des deux questeurs, Cathy Meba pressentie Secrétaire Générale.
Dans la foulée, les commissions semblaient également distribuées : Makouta aux Finances, Mveng reconduit à sa commission, un nouvel élu de l’Océan à la Juridique, et Monefong à la dernière commission.
Mais ce schéma n’aura vécu que quelques heures.
LE TOURNANT : LE SUD DIT NON
À l’ouverture effective de la session, lorsque la question des candidatures est posée, la séance est brutalement suspendue.
Vingt minutes plus tard, les conseillers sont convoqués dans une autre salle, au 6ᵉ étage de l’Hôtel BENGO. Face à eux : le Ministre Jacques Fame Ndongo.
La tentative de reprise en main est manifeste.
Mais la réaction du Sud est tout aussi claire.
Les conseillers régionaux refusent le « pli fermé » du Comité Central du RDPC.
Tous les candidats au poste de Président exigent un vote régulier, conformément aux textes en vigueur.
Le consensus annoncé vole en éclats.
La Délégation Générale à la Sûreté Nationale (DGSN) du Sud est déployée sur les lieux, preuve de la montée des tensions.
L’ambiance devient électrique, mais la ligne de conduite reste ferme : pas de désignation, seulement les urnes.
PRESSIONS, MAIS RÉSISTANCE
Malgré les interventions et pressions politiques, notamment celles de Joseph Anderson Lé le Chargé de mission du Comité Central du RDPC pour cette élection, et du Professeur, Sa Majesté Jacques Fame Ndongo, N°1 politique du parti au pouvoir pour le Sud, les conseillers régionaux du Sud ne cèdent pas.
Ils campent sur leur position : la transparence ou rien.
En début de soirée, la décision tombe :
Il n’y aura pas d’élection du Président du Conseil régional du Sud ce 16 décembre.
Conformément à la loi, la convocation de la séance élective est reportée dans un délai de huit jours.
UNE RÉGION DEBOUT
Ce report n’est pas un échec institutionnel.
Il est le signe d’une région qui refuse d’être une simple chambre d’enregistrement.
Le Sud a parlé d’une seule voix :
— le respect des textes,
— la dignité des élus,
— la souveraineté du vote.
Le message est clair :
au Conseil régional du Sud, le fauteuil de Président ne se reçoit pas dans un pli fermé.
Il se conquiert dans les urnes.
Affaire à suivre.
Le coup d’œil de Gervais Mbourou, Nyamoro

